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een groep mensen zit rond een tafel op een terras © Dries Luyten

Entre les Langues

À la rencontre de l'autre

Quels mots emportez-vous avec vous vers votre nouvelle vie ? Que se passe-t-il lorsque des grands-parents et leurs petits-enfants ne peuvent plus communiquer parce qu’ils ne parlent pas la même langue ? Quels défis, quelles émotions et quels obstacles la langue pose-t-elle ? À partir du 19 novembre, vous pouvez découvrir au musée Red Star Line comment les gens vivent la langue pendant et après la migration, dans l’exposition temporaire « Entre les langues ».

Le musée Red Star Line recueille depuis des années des récits personnels sur la migration. Langue et migration sont indissociables : les gens tentent de préserver leur langue d’origine, apprennent la langue de leur nouvel avenir et la traduisent pour leurs parents ou leurs enfants. Les expériences variées liées à la langue sont au cœur de l’exposition. 

La langue ne concerne pas seulement la communication, mais aussi la mémoire, le mal du pays et l’identité. Un nouveau lieu de vie et une nouvelle langue peuvent avoir un impact sur l’identité. Autrefois comme aujourd’hui, les gens adaptent, par exemple, leur nom ou leur orthographe pour mieux s’intégrer dans leur nouvelle société. Jusqu’où les gens vont-ils pour s’intégrer ? Qui êtes-vous avec un nouveau nom ?

Le projet

Dans le cadre du projet participatif « Langue et migration », le musée Red Star Line a parcouru la ville pendant deux ans afin d’explorer le rôle de la langue dans la migration. L’année 2024 a été consacrée à l’exploration et à la recherche, au réseautage et à la prospection. En 2025, la collaboration avec l’organisation d’éducation artistique Kunst in Zicht et diverses communautés linguistiques a été lancée.

Sur le fond, le musée explore, en collaboration avec des communautés patrimoniales et des artistes, les questions suivantes :

  • Quelle est la langue de la migration ?
  • Trouvons-nous les mots pour dire qui nous sommes et qui nous étions ?
  • Peut-on s’enraciner dans une nouvelle langue ?
  • Dans quelles langues les gens se sentent-ils chez eux ?
  • Quelles langues maternelles résonnent dans la ville et sont transmises aux générations suivantes ?
  • Les gens se retrouvent-ils à travers des mots (nouveaux) ? Ou, au contraire, pas ? Et si oui, comment ?
  • Quel parcours émotionnel la langue parcourt-elle ?
  • Comment la langue reflète-t-elle la réalité et les rapports de force liés à la migration ?

De gauche à droite, les trois initiatrices du projet :
Aniek Smit (histoire orale), Dorine De Vos (actions publiques), Nadia Babazia (sensibilisation et participation)

L'exposition

L’exposition s’articule autour de trois éléments :

  1. Récits historiques et contemporains et pièces issues de notre collection de récits
  2. Œuvres d'art invitant à la réflexion sur la langue et la migration
  3. Débats ouverts et projets participatifs en collaboration avec Kunst in Zicht

Dans le cadre des projets participatifs, trois projets artistiques ont été définis, dans lesquels un artiste travaille avec un groupe d'enfants, d'adolescents ou d'adultes sur un aspect spécifique de la langue.

« Barrières linguistiques entre générations » s'inspire de l'œuvre vidéo « Mother Tongue » (2002) de Zined Sedira. Une grand-mère, une fille et une petite-fille dialoguent, chacune dans sa propre langue. La communication s’effectue sans difficulté entre deux générations consécutives. Mais la grand-mère et la petite-fille Sedira ne partagent pas de langue commune et ne se comprennent plus par les mots. La metteuse en scène Celia Fechas discute avec des écoliers de la langue qu’ils parlent à la maison, de celle qu’ils utilisent avec leurs grands-parents et de ce qu’ils comprennent sans mots.

Le metteur en scène Ahilan Ratnamohan et la chercheuse artistique Enrica Camporesi partent avec les participants à la découverte d’une nouvelle langue pidgin : une langue qui prend pour point de départ ce qui manque aux gens en néerlandais. Quels mots ou expressions existent dans votre langue maternelle, mais pas en néerlandais ? Quels sentiments avez-vous du mal à traduire ? Peut-être vous manque-t-il même un élément de grammaire ou de logique linguistique. À partir d’entretiens individuels, un conseil linguistique composé de personnes multilingues part à la recherche de nouveaux mots et de nouvelles structures. Ceux-ci constitueront la base de la nouvelle langue pidgin anversoise. Le musée soutient ce projet existant.

L’artiste des mots Bumba travaille sur la langue à travers des lettres. Elle puise son inspiration dans d’anciennes lettres et récits issus de la collection du musée : il y a déjà cent ans, des migrants écrivaient sur leur rapport à la langue. La langue qu’ils parlent, qui leur manque, qu’ils apprennent ou qu’ils ne maîtrisent plus. Elle les associe à des témoignages plus récents et organise des ateliers au cours desquels des classes d’allophones et d’autres groupes rédigent eux-mêmes une lettre sur leurs sentiments vis-à-vis de la langue, dans toutes les langues qu’ils connaissent.

 

L'exposition montre que la migration et le multilinguisme sont des phénomènes normaux, qui font partie de la vie quotidienne. Pour certains visiteurs, ces récits sont reconnaissables. Pour d'autres, l'exposition offre un aperçu d'expériences qu'ils connaissent moins bien. Les nouvelles expériences linguistiques peuvent être belles et enrichissantes. Parfois, elles sont aussi difficiles et plus douloureuses. Derrière ces nombreux récits personnels se cache une histoire universelle bien plus vaste, celle de l'identité, du vivre-ensemble et du lien social.